Plus je reprends des forces, plus je suis à la peine psychologiquement.

Forcément, je pensais qu'après une épreuve de ce genre (d'un genre totalement nouveau pour moi), la vie ne serait qu'une constellation de moments parfaits, d'instants précieux, d'heures euphoriques.

En fait de quoi, la vie est la vie. Un patchwork d'émotions imprécises, de motivations (quelquefois) fragiles, de désirs insatisfaits, de décalages inépuisables entre aspirations et réalisations, de joies réelles mais éphémères, d'injustices affligeantes. L'important, c'est la santé, c'est vrai. Mais c'est un pré-requis qui ne se suffit pas à lui-même. La vie ne devrait pas tolérer la médiocrité, et pourtant la médiocrité est omniprésente. Suintante. Ruisselante. Presque parfaite.

Et la vie n'est rien qu'une vie. Que l'on meuble un peu comme on veut, souvent comme on peut. Qu'est-ce qui fait qu'une vie est une vie ? Qu'elle a autant de valeur ? Qu'on la chérit ainsi sans nécessairement lui donner les moyens de bien la remplir ?

Jeune et idéaliste, j'étais. J'ai l'impression que je vieillis.