Je promène mon ennui avec une obstination coupable. Cela m'assombrit un peu.

La maladie n'est plus une excuse : cela fait un mois et demi que j'ai retrouvé une condition physique acceptable. Je pourrais m'investir dans un ou plusieurs projets. Oui, je pourrais...

Le conditionnel est le bras armé de mon désoeuvrement, son meilleur ennemi. La procrastination est une pimbêche qui a revêtu ses plus beaux atours, et n'en finit pas de me séduire.

J'ai la sensation de me prendre une descente d'acide en pleine tronche. Je regarde mes amis, mes proches se hâter. Ceux qui ne sont pas mes amis, aussi. Tous y croient, mus par une improbable énergie, une envie un peu folle d'avancer. Comment font-ils ? Où trouvent-ils la foi ? Qu'est-ce qu'ils ont mis dans leur moteur ?

J'ai faim de la faim des autres.