Egoblog

dimanche 30 octobre 2005

Bof, bof

Je n'aime pas le précédent billet. Il surfe sur la vague plus ou moins branchouille du bébé-forcément-casse-couilles. C'est une concession un peu insincère à l'air du temps ; vraiment je me déçois.

Faute avouée étant à moitié pardonnée, je consens à m'exonérer de quelconque châtiment, et m'en tiendrai à ces quelques mots sur cette fin de dimanche épique : oui, les enfants - et particulièrement les bébés - sont prenants, un tantinet assujettissants. Ma fille n'échappe pas à la règle. Mais mon dernier message ne dit rien de l'irréductible amour que j'éprouve pour Romane. Rien de ce qu'elle m'apporte. Rien de ce que je suis dans son regard. Il ne dit rien, et c'est tant mieux.

Un peu de pudeur, tout de même.

God bless(e) mes pieds

En cette fin d'été indien, nous sommes partis nous promener (la poussette, ma fille et moi) pour célébrer les derniers beaux jours... qui n'en finissent plus d'être les derniers. De tous les pères, j'avais franchement la démarche la plus assurée. L'expérience est inscrite sur mon visage buriné, on sent que je sais y faire avec les marmots, moi. Je suis le pape de la poussette, l'orfèvre du porte-bébé kangourou, le phénix des biberons d'eau et des changements de couche improvisés.

De Lepic Street au Parc Monceau, il y avait quelque chose comme six kilomètres aller-retour, et j'ai la voûte plantaire anéantie, le regard torve et la mine délavée de celui qui a tout donné. En plus, Romane traine une fièvre carabinée, conséquence d'un vaccin qui a mal tourné. Si on rajoute qu'Hélène est partie ce matin aux Etats-Unis et qu'elle ne reviendra que samedi prochain, j'ai comme la sensation que la semaine va être longuette et entièrement consacrée à la chair de ma chair, fruit d'amours grisantes et irréfléchies (si les futurs parents réfléchissaients, ils n'assureraient jamais la survie de l'espèce).

Je sais pas vous, mais les héros, ici, sont fatigués.

PS : deux coups de fil plus tard, l'opération Restore Hope by Grand-Parents est en route.