dimanche 27 novembre 2005
Dada ? Niet !
Par Ari, dimanche 27 novembre 2005 à 22:31 | Mon nombril
Je suis allé à l'expo Dada, aujourd'hui. Bravant là l'interdiction des médecins de me rendre dans un endroit où la concentration d'individus au mètre carré est très largement supérieure à ce que mon immunité encore faible est supposée supporter.
Mais il faut bien vivre, enfin. Avant de mourir, du moins.
Et puis, j'y suis allé avec LN et Romane, ce qui était quand même assez folklo. Pour sa première expo, Romane a été parfaite. A moitié dans la poussette, à moitié à bras, elle n'a pleuré que dix minutes, vomi qu'une fois et hurlé à la mort quand nous sommes entrés dans la salle consacrée à Kurt Schwitters. Elle a du goût, ma fille.
Pour le reste, on s'est quand même bien emmerdés. C'est toujours le risque quand on s'attend à être ébloui. J'avais une toute petite réserve en venant : est-ce que le côté assez calibré (j'allais dire ordonné) d'une expo allait être compatible avec la subversion, le nihilisme et le grand n'importe-quoi pré-surréaliste du mouvement dada. Eh bien, la réponse est négative. L'expo Dada, cela ne marche tout simplement pas. En ne faisant aucun choix (c'est à moitié structuré : une salle pour chaque personnage majeur du courant dada, pour chaque grand thème dada ; à moitié déstructuré aussi : toutes les "oeuvres" sur le même plan, brouillons pourris comme collages sublimes), les organisateurs prennent le risque de désorienter les profanes comme les connaisseurs. Alors bien sûr, il y a les tableaux LHOOQ et la pissotière de Duchamp, les aphorismes à tomber par terre de Tzara ("Souscrivez à Dada, le seul emprunt qui ne rapporte rien", "Dada est le bonheur à la coque"), les reliefs en bois peints de Jean Arp, mais au final on reste surtout ébahi par la vue sublime à 180 degrés sur Paris, une fois arrivé rincé dans la dernière salle.
C'est l'avantage avec Beaubourg : même quand l'expo est à chier, il y a le panorama pour ratrapper.
PS : Si vous êtes allés à l'expo, je serais curieux d'avoir votre avis.