Egoblog

mardi 31 janvier 2006

Attention, billet déprimant

Treize mois ont passé depuis le déclenchement inopiné de cette foutue leucémie.

Ce qui a changé n'est plus visible à proprement parler. J'ai retrouvé mon poids de forme, mes cheveux, une forme physique plus qu'acceptable. Je sais à nouveau courir (oui, à rester couché pendant des mois, j'avais perdu l'usage des muscles qui meuvent l'improbable cavaleur), j'ai le droit d'aller au cinéma, de manger n'importe quoi. Surtout n'importe quoi, d'ailleurs.

Je me demande si j'en parlerais à ma fille quand elle sera plus grande. Lui dire quoi ? Et pourquoi ?
Je me demande si je reverrais un jour ceux que je n'ai pas vus depuis treize mois. Leur dire quoi ? Et comment ?

Les transformations ne sont plus visibles, mais elle sont. Après l'orage dépressif des derniers mois de l'année, j'ai le sentiment un peu fragile (tout est tellement fragile) de revenir à la surface, au niveau de la ligne de flottaison. Je cultive des envies anémiées. J'aimerais tant avoir plus d'envies. Des envies évidentes, des envies qui m'importent, qui s'imposent, contre lesquelles on ne peut que s'incliner.

J'ai perdu dans l'affaire un soupçon de candeur, des tonnes de légèreté. Ce que j'ai gagné - un répit qui n'a rien d'anodin -, j'ai plus que jamais le sentiment de le payer, de le faire payer. Tout n'était pas rose avant la maladie, et je sais combien il serait tentant de refaire l'histoire. L'anxiété, les blessures, la mélancolie affleuraient déjà. Plus souvent qu'à l'occasion. Mais j'étais un homme figé dans la certitude de son immortalité. La mort, c'était pour les autres.

J'ai changé. En bien ou en mal, je n'en ai pas la moindre idée. Ceux qui m'aiment et ont cru me perdre ont changé aussi.

J'ai peur de l'avenir. De vieillir. De mourir.

jeudi 26 janvier 2006

Merde, le Hamas a gagné

Sharon doit bien se marrer dans les profondeurs de son coma.

Comme disait je-ne-sais-plus-qui, les Palestiniens ne ratent jamais l'opportunité de... rater une opportunité.

Pour ce qui est de la paix au Proche-Orient, je crois bien qu'on n'est pas rendus.

44 heures plus tard

J'ai négligé la rubrique Mon permis, et par la même occasion mes infatigables lecteurs, probablement plongés dans l'incertitude la plus abyssale sur ce que j'en viens à qualifier de gigantesque entreprise. Les plus audacieux d'entre vous penseront que j'ai obtenu mon papelard rose sans éprouver le besoin de frimer, et ceux-là me connaissent bien mal. Les plus pessimistes croiront que j'ai abandonné en chemin tout espoir de conduire en jour, et ceux-là me connaissent presque mieux que moi-même. Les plus raisonnables s'en foutront avec une force tsunamiesque, mais là n'est pas la question.

Bon, tout le monde a tort sauf ceux qui s'en foutent. Mais là n'est pas la question, je vous dis.

Adonques, j'ai conduit deux heures aujourd'hui. Deux heures de plus. Pour un modeste totale de 44 heures. Soit 158 400 interminables secondes à faire le mariole à côté de la place du mort. Guess what ? Je préfère toujours la place du mort !

Si on ajoute les trente heures prises il y a une dizaine d'années, je ne suis pas loin du Guiness Book. La consolation, et elle n'est pas maigre, c'est que je commence à très bien connaître mes moniteurs. Ils sont quatre à se succéder, à intervalles réguliers, dans mon habitacle, et ils m'ont plutôt à la bonne. D'une part, ça leur change un peu les idées d'avoir un trentenaire avec qui discuter. Et puis, je crois bien qu'ils sont touchés par ma tenacité et mon envie de bien faire. Du coup, si je progresse aussi lentement, c'est quand même un peu de leur faute parce que je suis plus concentré sur notre incessant babillage que sur ces stupides priorités à droite.

C'est fou ce qu'on peut apprendre en quelques heures sur la vie d'un moniteur d'auto-école. Il y avait Richard et Michel dont j'avais déjà parlé. Le premier est un quinquagénaire genre vieux beau, qui ne quitte jamais son blouson en cuir ni un sourire de façade un peu triste. Il a divorcé quatre fois. A l'entendre, il n'a pas eu quatre femmes, mais ce sont les femmes qui l'ont eu. Il cultive avec entrain une nostalgie du passé, et ne jure que par ses deux filles de 16 et 22 ans. Question conduite, il pense qu'il ne me manque qu'une chose : adapter ma vitesse aux circonstances. Trois fois rien, quoi. Son antienne : "L'important, c'est de pouvoir s'arrêter". J'aime vraiment bien Richard.

Michel, j'ai apprécié un tant ses dispositions pédagogiques. Mais il a fini par me gonfler. D'une, ce mec devrait être à la retraite (à presque 70 ans, on ne prend pas le risque de mourir à chaque carrefour). De deux, son gatisme précoce le conduit (ah ah) à vociférer les mêmes mots toutes les trois secondes : "Freine ! Freine !". Il est également obsédé par mes deux pouces qu'il m'enjoint systématiquement de ne pas mettre à l'intérieur du volant. Lourdingue. Michel, tu me prends la tête grave, et j'ai décidé de ne plus jamais conduire avec toi. N'insite pas, c'est irrévocable.

Et puis, il y a Dan et Martine. Alors eux, je les kiffe grave. Pour un peu, je veux bien conduire cent heures de plus avant d'obtenir le permis pour le seul plaisir de les cotoyer.

Dan a une quarantaine d'année. Il est musulman, et on passe notre temps à discuter du conflit israélo-palestinien. Quand vous mettez un juif de gauche et un musulman modéré dans un espace confiné, il n'en ressort souvent que des choses très positives, des espèces d'unions sacrées façon "on est tous frères", genre donne-moi ton keffieh, j'te file ma kippah, et on mange un bon kebab. En plus, il est vraiment drôle, et c'est le seul qui croit en moi. Qui croit que je peux être un conducteur décent, j'entends. La phrase qu'il dit le plus souvent (accompagnée d'un franc éclat de rire) :"Ah, tu l'avais pas vu cette priorité à droite ?!?".

Martine, enfin. Je la vois tout le temps parce qu'elle est souvent à la réception. Elle fait un mi-temps monitrice, et l'autre à s'occuper des affaires courantes. Martine, c'est le genre de nana qui n'a pas eu de chance dans la vie : un mari qui picolait et qui est décédé prématurément, un employeur qui l'a payée à moitié au black pendant des années avant de s'en débarrasser comme une vieille chaussette. Mais, c'est la gentillesse même. Elle passe son temps à prendre des nouvelles de Romane, d'LN, de ma vie, mon oeuvre. Elle est douce au volant. Enfin, c'est moi qui conduit, mais elle m'engueule toujours avec beaucoup de tendresse. Son refrain : "Je ne peux pas te valider l'étape 3, mais c'est pour bientôt".

P'tin, quand je serai grand, ils vont me manquer.

mercredi 25 janvier 2006

En janvier, j'arrête de paresser

Après quinze mois d'inactivité sans réserve, dont treize largement occupés par cette idiote de leucémie, j'ai retravaillé.

Vous avez bien lu. J'ai de nouveau activé mes méninges pour un employeur qui a consenti à m'accorder quelque menue monnaie pour fournir une prestation professionnelle. Je veux dire, réalisé par un professionnel. Un très grand professionnel.

Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai vu passer une opportunité, et paf je l'ai saisie. Au collet, sans forcer. Elle n'a pas résisté. Il faut dire que j'avais le vent dans le dos, que mon employeur n'a même pas cherché à me rencontrer, et a validé ma candidature par e-mail en louant la qualité de mes propositions. Classe.

Bon, je mets un terme à ce suspense insoutenable et dépourvu du moindre intérêt : après un septennat de pause journalistique, j'ai renoué avec mes premières amours, et écrit un article qui me tenait à coeur, à paraitre fin février dans un magazine qui n'existe pas. Pas encore, du moins.

Une trentaine d'heures de travail (dont vingt d'enquête) pour cinq malheureux feuillets. C'est que j'ai pris le sujet très à coeur, et mon clavier à deux mains. Mes doigts et mon cerveau, aussi gourds l'un que l'autre, ont du se réhabituer à une écriture dite objective. Dieu que j'étais rouillé. J'ai néanmoins terminé le papier deux jours avant le délai exigé par le rédac' chef, ce qui, je crois bien, ne m'était jamais arrivé.

C'est la première fois que j'achève un article sans stresser. Cela n'est pas sans m'inquiéter.


PS : l'ANP-euh, toujours en mal de popularité, a exigé que je postule à un poste de formateur commercial payé le tiers de ce que je gagnais du temps où je bossais. Sinon, ils menacent de me radier. Je leur ai torché une jolie lettre pour leur dire que je n'étais pas formateur, que je n'avais jamais occupé un poste à vocation commerciale, et qu'ils pouvait donc se carrer leur proposition dans les fondements de leur imagination débridée.

vendredi 20 janvier 2006

Vendredi, c'est googleries

Bon, mes vélléités batailleuses semblent se fracasser sur plusieurs écueils : en premier lieu, mon message précédent n'a guère suscité d'échos. Garfieldd, lui-même, tout en appréciant le soutien des blogueurs (plus d'infos chez Embruns) ne souhaite pas médiatiser l'injustice dont il est victime, et préfère attendre de meilleures nouvelles de son recours en grâce. Well done, n'est pas de Gaulle qui veut.

En attendant de retourner à la mine et d'éventuellement battre le pavé pendant qu'il est encore friable, je vais rendre ici un petit hommage à mon proviseur préféré en me livrant moi aussi au petit jeu des googleries.

En stock (car moi aussi, j'ai du stock), j'ai donc "deux garçons qui se caressent", "tous les zizis du monde", une "fille crade" qui n'est jamais très loin de la "couche caca adulte" et une question existentielle qu'aucun philosophe, aucun sociologue, aucun psychologue n'a jamais osé aborder de front : "pourquoi jane birkin porte un soutien-gorge ?".

Oui, pourquoi ?

mercredi 18 janvier 2006

Où l'impéritie de l'Education nationale me fait sortir (provisoirement) de mon nombrilisme douillet

En lisant hier mon Libé quotidien puis les quelques blogs que je ne lâche pas d'une semelle (cf. ma blogroll en bas à droite), j'ai décidé de consacrer aujourd'hui un billet - exceptionnel, qu'on se le tienne pour dit - à un sujet qui dépasse le cadre de mon égotisme autolâtre chronique.

C'est donc l'histoire d'un proviseur-blogueur qui s'est fait révoqué de l'Education nationale au motif que :

  • son blog était accessible à tout le monde, sur Internet.
  • le dit proviseur précisait qu'il officiait dans une ville de 12.000 habitant ne comptant que deux lycées.
  • "la nature de son blog était incompatible avec ses fonctions" (dixit un certain Paul Desneuf, directeur de l'encadrement à l'Education nationale, qui ne précise pas la teneur de l'incompatibilité en question).

Je n'avais jamais entendu parler du blog de ce monsieur (qui a fermé depuis la suspension de son auteur, en octobre dernier), et c'est donc mu par une saine curiosité que j'ai retrouvé la trace de ses carnets grâce à http://www.archive.org, la mémoire officielle et ô combien précieuse du Web. Le blog à Garfieldd (c'était son nom) aborde avec sensibilité, humanisme et ironie le quotidien et les vicissitudes de la vie de proviseur. En ces temps un peu bousculés pour l'Education nationale, c'est une bouffée d'oxygène que je vous invite à découvrir. Dire que j'ai été séduit par ces carnets relève de l'euphémisme, et c'est pour cette raison que l'injustice me semble d'autant plus criante. Le début du commencement de l'origine de cette triste histoire est lié au fait que Garfieldd ne fait pas mystère de son homosexualité, et gratte ici et là quelques notes sur le sujet sans toutefois jamais mêler dans un même billet les considérations relatives à sa profession et les arcanes de son orientation sexuelle.

Le proviseur-blogueur avance à découvert (comme précisé plus haut, son lycée est aisément identifiable), et cite à l'occasion - c'est un rituel couru chez les blogueurs - les requêtes Google les plus loufoques qui ont permis à des internautes d'accéder à son site. Cela donne ainsi, sur un billet écrit le 2 mars 2005, le paragraphe suivant : «J'ai un vrai pervers qui, lui, rêve de remonter son survêt, j'ai en stock du fantasme sur les super queues de blacks et les bites de beurs que l'on décline en rebeu en maillot et en un délicat j'aime les pénis arabes... Mais aussi du fantasme de la sonde urinaire.» L'extrait a été repris in extenso dans Libération d'hier, sorti de son contexte, sans plus d'explications, ce qui laisse évidemment à penser qu'il s'agit là des fantasmes de l'auteur, plutôt que d'un catalogue amusé des recherches les plus abracadabrantes qui conduisent à son blog. Je n'en veux pas à Libé ni à son journaliste : le droit à la connerie est imprescriptible, et il est probable qu'ils s'excuseront de leur coupable légèreté. Par ailleurs, je n'ai pas pour habitude de tirer sur une ambulance, et ces mois-ci, j'achète quotidiennement Libé en me disant que c'est peut-être la dernière fois.

Mais c'est probablement cette phrase (ainsi que des photos présumées pornographiques dont personne, à ce jour, n'a vu la trace) qui a conduit le proviseur à la case Révocation. Cette phrase que quelques fonctionnaires un peu hargneux et ignorants auront aussi mal interprêté que mon quotidien favori pour en arriver à la conclusion laconique autant que définitive que "ce blog présentait des photos et écrits à caractère pornographique, ce qui constituait un comportement incompatible avec l'exercice de la responsabilité d'un chef d'établissement". Toutefois, le sujet n'est pas réellement là (même s'il n'y avait pas "l'affaire Google", la décision de révoquer le proviseur est totalement disproportionnée). Au pire, Garfieldd a fait preuve d'une certaine maladresse en ne veillant pas à la dissimulation totale de son identité. A tout le moins, on peut lui faire crédit de sa bonne foi. S'il avait craint un seul instant d'essuyer les foudres de son administration, il aurait agi dans l'anonymat le plus strict, pour ce que j'en dis.

Je ne vais pas m'étendre sur les tenants et aboutissants de l'affaire. D'autres blogueurs l'ont déjà fait, et souvent mieux que moi. Je vous invite à lire les contributions sur le sujet de Kozlika, Dangereuse trilingue, Ron l'infirmier ou Eolas. La première y explique notamment pourquoi elle aimait le blog de Garfieldd et quelles sont les conséquences d'une révocation pour un proviseur (interdiction de retravailler dans la fonction publique, pas d'Assedic... etc). Eolas, lui, se fend d'une lettre ouverte joliment troussée à Gilles de Robien.

Ce qui m'intéresse à ce stade, c'est d'examiner les recours possibles à la révocation de mon nouvel ami. Je pense que la blogosphère n'a pas fini de jaser, et c'est très bien ainsi. Je crains néanmoins qu'à l'instar des images des journaux télévisés, un scandale succède à un autre scandale, un fait d'hiver à un autre fait divers et que la bulle éclate aussi rapidement qu'elle a gonflé. Cela m'intéresse moins de dénoncer (même si cela est nécessaire) l'iniquité d'une administration archaïque et homophobe que de voir comment on peut sauver la peau - et le métier - de ce proviseur.

Alors quoi ? Tous à Grenelle !

Je ne suis qu'un néophyte de la cause bloguienne. Je couche mes humeurs cyclothimiques sur la toile depuis quelques mois seulement. J'en appelle aux vieux de la vieille, les Embruns, Kozlika, Veuve Tarquine et tous les autres. Ceux dont la voix porte haut et fort dans la blogosphère. Et je propose ni plus ni moins qu'une manifestation joyeuse et bruyante de blogueurs (ça aurait de la gueule, peuchère !) et même de non-blogueurs devant le Ministère de l'Education Nationale. Vite et bien. Avant la fin du mois, et en rameutant un maximum de monde. Je ne suis pas contre une pétition en bonne et due forme ou, comme d'autres blogueurs le proposent, de spammer le journaliste de Libé pour son enquête baclée, mais une bonne vieille manif' des familles me parait plus efficace pour inverser le cours affligeant des choses.

Et si on sauvait le soldat Garfieldd ?

lundi 16 janvier 2006

Billet en construction ou la décortication d'une angoisse primitive

Je reviendrai sur ce billet, mais permettez-moi d'en ébaucher dès maintenant les grandes lignes.

Il a(ura) trait au commentaire laissé par Dada, sur la note précédente. Elle y grattait quelques lignes peu amènes sur les dangers de la neuneuisation. Cela jurait avec le reste des commentaires, et cela m'a interpellé à plusieurs égards :

  • J'aimais bien mon billet, mais j'aime Dada largement autant. Et même beaucoup plus, convenons-en.
  • Comme tout un chacun, je suis sensible à la critique. Et comme presque tout le monde, j'ai tendance à ne voir que les critiques, fussent-elles noyées dans un océan d'éloges.
  • J'ai décidé il y a une bonne quinzaine d'années que jamais ô grand jamais je ne me justifierai. C'est quelque chose que je voudrais vous expliquer.

En deux mots, je compte bien revenir sur ce billet pour expliquer pourquoi je ne me justifierai pas. Ce qui, cela ne m'a pas échappé, constituera une justification en bonne et due forme.

A tout à l'heure, donc.


Mise à jour : ou l'angoisse primitive se précise

Alors voilà, c'est l'histoire d'un chromosomé XY, mais ça pourrait être l'histoire de n'importe quel mammifère.

Quand j'étais môme, j'étais terrassé par le moindre reproche, anéanti par la moindre critique. Je caressais sans le savoir l'idée incongrue que ma destinée n'avait de sens que dans la reconnaissance générale (à l'exclusion de toute remise en cause) de mes qualités, voire de mon existence. Je concevais la possibilité que j'avais ici et là quelques défauts bien partagés, mais je ne souffrais qu'on les mette à jour, a fortiori qu'on les stigmatise. J'étais caricatural : un écorché vif sur pattes prêt à bondir à la moindre récrimination. C'est que je me sentais acculé, nié dans mon être au premier grief. Que celui qui n'a jamais été vexé me jette la première pierre.

J'évoluais bon an mal an, très sérieusement handicapé par cette susceptibilité envahissante. Il ne fallait pas simplement m'aimer ; il fallait m'aimer complètement, entièrement. J'étais lourd, j'étais chiant. Mon amitié devenait rapidement effrayante pour les récipiendaires de mes débordements affectifs et hypersensibles. Si bien qu'un beau matin, alors que rien n'annonçait pareil changement, j'ai décidé que plus rien ne serait comme avant. J'avais dans les 17 ans, et j'en avais marre de mettre ma santé mentale en péril. Mon esprit critique était largement développé, et j'ai alors compris/décrété que les gens - notamment mes intimes - qui partaient à l'assaut de ma citadelle chatouilleuse et un tantinet paranoïaque avaient raison, du moins avaient leurs raisons. Que ces raisons-là n'étaient pas contestables, et que, partant, rien ne servait de les contester.

De ce jour, et sans qu'il m'en coûte, j'ai cessé de me justifier, cessé de prétendre à la perfection. Cessé de croire que le monde entier était un consensus voué à valider mon aura charismatique et la pureté absolu de mon être intime.

Il s'est avéré que je m'en suis porté nettement mieux. Que les gens autour de moi, sans nécessairement le remarquer, ont salué à leur manière ce changement à 360 degrés. Que j'aimais mieux les gens que j'aimais déjà, et que ces derniers ne m'aimaient pas moins, loin de là. J'ai appris à aimer mes failles, et même à les cultiver. J'ai compris que les failles, il n'y avait que ça de vraiment chouette dans l'humain. J'ai compris une autre chose essentielle : quelqu'un qui n'est pas d'accord avec vous, qu'il le manifeste avec tact ou non, avec force arguments ou sans justification, celui-là a toujours une raison de ne pas être d'accord. Que les critiques, qu'elles viennent de Mamie Dada ou d'ailleurs ne sont pas nécessairement constructives (il n'y a pas matière à s'améliorer à chaque fois qu'on vous remet en cause !) mais qu'elles sont. Ontologiquement.

Ce que je dois à la vérité, c'est qu'on ne change jamais vraiment. Et qu'un reproche qui m'est adressé est toujours une souffrance. Mais voilà, j'ai appris à vivre avec cette souffrance, à ne pas en avoir peur.

Je ne sais pas pourquoi, aujourd'hui, j'ai eu envie de vous parler de cela.


PS : "Mon papa est vraiment trop sérieux, là. Je préfère quand il joue avec moi à "Caché-Coucou" et quand il dissimule mon doudou sous le lit. Là, au moins, on se marre."

vendredi 13 janvier 2006

Message de la part de mon papa

Dans la catégorie "Son nombril".

Bonjour,

Mon papa me dit de vous dire qu'il a beaucoup de travail en ce moment (hum, je le vois passer beaucoup de temps à rien faire, moi. J'dis ça, j'ai rien dit, hein), et qu'il n'a pas trop le temps ni la tête à tenir son blog à jour.

Il dit que je fais rien qu'à l'embéter à vouloir taper sur toutes les touches du clavier. C'est même pas vrai : j'ai une préférence nette pour le "h", le "j", le "k" et le "l". Je peux faire plein de mots rigolos comme hjkjllkhjk kljlh jkjhjkhllkkhhllhhjk que mon papa il ne comprend pas et qu'il efface toujours.

Il me dit aussi de vous dire qu'il kulphabilise un peu de ne pas vous donner de nouvelles, mais qu'à l'exception d'une rhino-pharyngite des familles (mon papa, il dit souvent "des familles" après à peu près tout et n'importe quoi), son état de santé est aussi bon que possible. Perso, ça m'arrange quand même un petit peu. Comme mon papa, il ne sent rien, il en a rien à faire de me changer quand j'ai fait caca.

Voilà, mon papa vous dit tout ça. Et bien des choses enkhore.

hjhkj jkj hkjklklk jjllllll kkhhhlklj

Romane


PS : mon papa a encore râlé parce qu'il n'a pas gagné à l'Euro Million ni au super tirage du Loto. Maman a dit que ça servait à rien de râler vu que de toutes façons, il avait même pas joué. Mon papa, desfois, il est pas très logique.

vendredi 6 janvier 2006

Pa-Pa

Elle l'a dit !

RomaneCa s'est passé hier, en fin d'après-midi alors que je lui faisais prendre son bain, et que nous jouions avec le thermomètre (Water 50 centimeters resist) qui mesure la température de l'eau (pas plus de 38 degrés, damned !).

Elle m'a regardé dans le blanc des yeux. Elle était comme elle est toujours quand elle prend son bain et qu'aucun incident notable n'a bousculé le cours de sa petite vie : sereine. Elle m'a regardé, donc. Et elle a détaché les deux syllabes, et dit distinctement : "Pa-Pa". Elle l'a dit et redit, parce qu'elle voyait que j'étais aux anges.

J'étais tellement ému que j'ai eu un énorme coup de barre, et que je me suis demandé un instant si j'allais être capable de la sauver des eaux et la rhabiller fissa après qu'elle eut procédé à ses ablutions.

Un tout petit pas pour Romane, un grand pas pour son Pa-Pa.

jeudi 5 janvier 2006

Vovadic et Gonozum sont dans un bateau

Depuis une quinzaine de jours, je suis poursuivi par un bataillon d'assaillants qui ont décidé de pourrir sans merci ce billet de leurs commentaires abscons. Quoiqu'il m'en coûte, je ne céderai pas à leurs assiduités. On ne me la fait pas à moi, je ne suis pas né du dernier tsunami !

Ces bretteurs de l'impossible s'appellent Vovadic, Gonozum, Musamom ou encore Shizokum. Ils s'expriment en des termes cabalistiques pour promouvoir une foultitude de produits dont je me passe fort bien depuis que ma digne génitrice m'a donné le jour, un joli vendredi de juin, dans une clinique baignée par le soleil éclatant qui dardait, ce jour-là, ses rayons sur la bourgade grise de Fontenay-sous-Bois.

Ce que je ne m'explique pas, c'est la monomanie de ces spammeurs sans vergogne. Pourquoi se concentrent-ils sur un seul billet ? Et Pourquoi celui-là ? Cette innocente note qui indique à mes dizaines de millions de lecteurs que mon blog prend quelques jours de vacances, afin de recharger ses accus et prendre quelques réserves d'égomanie.

Non, je ne me l'explique pas. Si quelqu'un a une idée, ou même le quart de l'embryon du commencement d'une idée, je suis preneur.


PS : en attendant fébrilement leur prochain passage, j'ai effacé les dits commentaires. Vous ne ratez rien, je vous le promets.

mardi 3 janvier 2006

Va, voeux, vie, veau, vu

Amis lecteurs, je vous souhaite en vrac :

  • Un très chouette 3 janvier
  • Un mois de février pas trop longuet
  • Un mois de mars (c'est si vite arrivé)

...

  • Des zygomatiques bien musclés pour le reste de l'année.


Ici, les jours me semblent remplis d'inexplicables promesses.