Egoblog

mercredi 29 mars 2006

A quoi sert un blog (bis) ?

Je (me) posais la question, et ne trouvais plus aucune réponse satisfaisante.

Moins envie de "donner" à mes lecteurs, plus envie d'être esclave consentant de vos passages, accidentels ou non. Pas d'inclinaison masochiste à défaire ce que j'ai construit, encore moins à mettre en danger ma tribu et les gens que j'aime.

J'aurais pu recréer un blog ex nihilo et me délecter des joies nouvelles de l'anonymat. Pour en finir avec la pluie et le beau temps, et me consacrer à des thèmes plus essentiels. Mais j'ai trop besoin d'amour pour apprécier les vertus de l'anonymat. Cuné et Ada, deux amies fort estimables connues sur un forum, désormais moribond, consacré à un chanteur de télé-réalité (sic) dont je suis l'administrateur (re-sic), m'ont suggéré d'écrire. Pour de vrai.

Je prends cela comme un compliment sincère. Mais cela me renvoit à ma flemme, mes insuffisances, mon manque de confiance. Mes inconstances.

Et puis, à me relire, à consulter en vrac les notes écrites depuis quelques mois, je me suis surpris quelquefois à sourire, à redécouvrir des pans de moi-même que j'avais presque oubliés. Et j'ai pensé que les blogs, au delà de la satisfaction primaire d'un ego ballonné, étaient une extension de la mémoire. Un pansement sur les blessures de l'oubli. On parle beaucoup du phénomène des blogs en leur prêtant des vertus quasi divines à l'aune de la sociologie, des études de marché ou autres prédications formulées par d'improbables marchands du temple, on parle moins de ce qu'ils seront dans vingt, trente ans quand leurs auteurs auront tenu sur la durée. Une anthologie. Autolâtre sûrement, mais une anthologie quand même. Un musée de soi-même, que n'importe qui pourra visiter. Des ressorts intimes au sein desquels ma fille, ses frangins et frangines à venir, pourront folâtrer.

L'idée m'a plu.

jeudi 16 mars 2006

Vivant

Mais pas très inspiré.

J'ai failli écrire un tas de billets plus par obligation que par réelle appétence. Mais je ne suis pas "addicted" au point de commettre des notes pour le seul fait de remplir.

J'aurais plein de choses à écrire, pourtant. Mais ces temps-ci, je n'ai pas très envie de raconter ma vie. Puis je me sens coincé par le ton intimiste/personnel que j'ai initialement donné à ce blog. Pas follement envie d'en sortir, mais pas non plus le courage d'aborder les vrais sujets : la mort, le sexe, l'envie, l'amour qui dure un jour, toujours.

Alors donner le change ? Narrer les anecdotes savoureuses et/ou navrantes qui parsèment mon quotidien et ne manqueront pas d'arracher un sourire (on me dit dans l'oreillette qu'il ne s'agissait en fait que d'un rictus compulsif) à mes quelques lecteurs. Bof, ça m'ennuit aussi. Pas assez d'ego malgré le titre de ce blog. Enfin, pas assez. Un ego normalement surdimensionné, quoi.

Peut-être ai-je au bout de six mois à peine atteint les limites de cette forme d'expression. Et puis, si je continue, je vais finir par me prendre au sérieux. Pas envie.

"A quoi sert un blog ?" demande Christophe Ginisty avec une certaine candeur.

Je trouve mon commentaire assez classieux.

A bientôt, ou pas.

PS : puisque je ne suis pas certain de revenir, il était important que je comingue-out. Alors voilà, j'adore "La Nouvelle Star". Sur M6, le mercredi soir. Ouais.

jeudi 9 mars 2006

Journée de la flemme

Romane a mis nos nerfs à rude épreuve en recommençant son cinéma de la nuit dernière. Un coup, c'était un cauchemard. Trois heures après, une petite faim nocturne.

Heureusement, les femmes, en tous cas la mienne, ont repris goût au travail et aux tâches ménagères. Leurs époux sexistes et ou volages ont eu droit à un repos bien mérité. Le repos du guerrier.

Je sais, j'irai en enfer.

mercredi 8 mars 2006

Journée de la femme

Romane s'est levée à 4h30 pour être la première chromosomée XX à célébrer le grand jour.

J'ai eu pitié de sa mère, et c'est donc l'homme qui s'est levé.

C'était pas ma journée.

jeudi 2 mars 2006

Le diable, l'ange, Libé et moi

Hier, en fin d'après-midi, j'avais rendez-vous avec un cadre dirigeant d'un grand groupe audiovisuel français pour un entretien informel susceptible de déboucher sur une proposition d'emploi. Après avoir "googlisé" mon hôte d'un jour, j'avais appris bon nombre de renseignements sur lui, notamment qu'il avait été un temps directeur de cabinet d'un ancien ministre UMP (enfin, on disait RPR à l'époque).

Je ne dirais pas que mon enthousiasme s'est refroidi, ce serait exagére. Je ne suis pas obtus au point d'être incapable de travailler sous les ordres d'un mec de droite. Mes expériences professionnelles m'ont appris qu'il n'est de pires managers que ceux qui sont mal dans leurs pompes, et ont trop de choses à régler avec eux-mêmes. Le manque de confiance en soi, par bonheur, ce n'est ni de gauche, ni de droite, et je me suis donc rendu à cet entretien relativement serein, avec le souci de faire bonne impression, mais sans les angoisses particulières inhérentes à la position de chercheur d'or d'emploi. Ca faisait longtemps que je n'avais pas mis un pantalon de costume et une veste, et j'ai été agréablement surpris de ne pas me faire l'effet d'un pingouin en m'examinant dans la glace avant de partir. Probablement l'absence de cravate que je ne consens à mettre que sous la torture.

J'arrive juste à l'heure à mon rendez-vous, et la secrétaire de Monsieur B. me met à l'aise, m'offre un café et m'annonce que j'en ai pour une bonne demi-heure d'attente rapport à ce que ce dernier a pris du retard qu'il entend bien combler. Une demi-heure, c'est assez long même quand on croise au hasard de leurs déambulations un tas de personnes que l'on voit d'habitude en costard à la télé. Pour l'heure, ils sont habillés comme s'ils devaient aller urgemment procéder à quelques travaux de jardinage, et c'est un spectacle assez amusant à regarder. Passée la curiosité, je regarde l'heure toutes les deux minutes, et commence à sérieusement m'ennuyer. Je me souviens de Libération, rangé dans ma sacoche, mais je me suprends à hésiter. Est-ce bien raisonnable de laisser cette première impression-là lors même que Monsieur B. a manifestement des idées politiques opposées aux miennes. Là, je devrais vous dire que j'en avais rien à cirer, que j'ai pris mon journal et mon courage à deux mains, et que ça faisait même pas mal... Je pourrais l'écrire, mais ça ne serait pas vrai. De très longues minutes, j'ai hésité... J'ai même assisté impuissant au spectacle de l'angelot calculateur et du diablotin tentateur, tous deux bien décidés à me convaincre de leurs discours contradictoires.

L'angelot : "Ari, ce monsieur ne te connait pas. Quel besoin as-tu de lui dire, en guise de tout premier message, que tu es de gauche alors que ton but du jour est de la convaincre de t'embaucher dans son équipe ?"

Le diablotin : "Ari, tu devrais avoir honte. Tu t'ennuies ferme, et la lecture de Libé n'est quand même pas l'incarnation de la subversion. Et puis quoi, as-tu à ce point honte de tes penchants idéologiques ?"

L'angelot : "Sois sérieux une minute. Si encore tu avais sur toi la Une du Figaro à l'intérieur duquel tu pourrais insérer ton Libé en toute quiétude... Concentre-toi donc sur ton entretien au lieu de prendre le risque stupide de tout gâcher."

Le diablotin : "Pfff. Si ton recruteur est à ce point réfractaire à ce type de lectures, s'il te juge là-dessus, j'espère que tu réalises à quel point tu seras malheureux de travailler au quotidien avec quelqu'un d'aussi intolérant."

L'angelot : "Mais non, Ari. Il s'agit-là d'un entretien d'embauche, pas d'une discussion amicale entre vieux potes. Quand tu seras plus à l'aise avec M. B., qu'il te connaitra mieux, il n'y aura aucun problème à ce que tu lui confesses que tu penches à gauche."

Le diablotin : "N'écoute pas l'angelot, il n'a aucune fierté."

L'angelot : "N'écoute pas le diablotin, il n'a jamais travaillé !"

- Monsieur, excusez-moi de vous avoir fait attendre, je suis maintenant prêt à vous recevoir.

Rhalala, Monsieur B., mon ami, mon frère. Mon sauveur. Et un peu ma honte, aussi...