Egoblog

vendredi 28 avril 2006

Le fils de Cyrano

Je crois que cyranodeparis, qui commente certains de mes billets (dont le dernier), est mon père. Oui, mon père.

Ca collerait bien avec :

  • son fournisseur d'accès et le navigateur qu'il utilise ; accessibles depuis mes stats.
  • sa passion jamais démentie pour Cyrano de Bergerac (dont un exemplaire figure dans les toilettes depuis une bonne trentaine d'années).
  • son humour un peu décalé et son affection pour les calembours.
  • le ton "paternel" de son dernier commentaire
  • le fait que c'est un mec rigide, intelligent, secret et cool.

Je vous avais promis de la sincérité, un ego atrophié et des bonnes vieilles angoisses existentielles. Je n'avais pas songé que ce blog compterait également son lot de révélations familiales. Si mes déductions sont justes, je crois bien que je ne vais jamais m'en remettre.

MISE A JOUR

Evidemment, cette histoire m'agace un peu.

Mais bon, convenez que si c'est bien mon pater, il mérite bien le commentaire que j'écrivais récemment dans les colonnes d'un blog ami.

Pour me forger un avis définitif, j'ai relu tous les commentaires dudit cyrano présumé géniteur de votre serviteur, et je suis tombé sur celui-là qui prend un relief tout particulier compte tenu de ma récente découverte :

Je ne voudrais pas faire le rabat-joie mais les spécialistes de la petite enfance s'accordent pour considérer que ce n'est pas l'enfant qui donne du sens aux premiers mots qu'il articule mais que ce sont les parents et l'entourage qui rattachent ces mots à des objets ou des sujets.

Un ami m'avait expliqué cela quand, pour la première fois, mon fils m'avait appelé PAPA et, bien entendu, j'avais envoyé cet ami je-sais-tout se faire voir ailleurs et j'avais savouré mon bonheur.

En conséquence, je pars ailleurs et je t'invite, toi aussi, à savourer ces moments de bonheur.

Bon, cyrano, même si tu n'es pas mon père, je t'adopte quand même !


PS : Papa, ça fait longtemps que je voulais te le dire, mais le tableau accroché dans votre salon (tu sais, celui à droite de la cheminée) est vraiment horrible.

Smoking ? No Smoking ?

Z'êtes pas mal à venir me chercher à propos des deux ou trois cigarettes grillées (trois ou quatre, plus sûrement) dans les commentaires qui font suite au dernier billet.

Vous n'êtes pas les seuls. Ma chérie a failli me quitter, ma mère me renier, et ma soeur, qui est la plus compréhensive de toutes les femmes de ma vie, refuse de m'approvisionner.

Bon, je refume quelques cigarettes par jour depuis quelques mois. C'est idiot, mais c'est comme ça. J'ai évidemment eu le droit au discours que j'étais le premier à cautionner : quand on failli crever d'une leucémie, on ne prend plus le risque de mourir prématurément d'autre chose.

Je sentais confusément que cette démonstration était bancale, pour ne pas dire boiteuse. Mais je m'y accrochais parce que je trouvais cela chouette de ne plus fumer. Et puis, on guérit d'une maladie grave, on sait mieux que personne que l'on va finir par crever, mais il y a un passage étroit, interdit aux piétons normalement constitués, que vous n'hésitez pourtant pas à emprunter : celui qui vous murmure à l'oreille qu'il y a un fond d'invincibilité en vous. Que ce ne sont pas quelques clopes négligemment grillées qui vont vous mettre en danger.

Je ne suis pas très fier, mais j'ai besoin de fumer ces temps-ci. Je ne le fais ni à la maison, ni devant ma fille, ni devant ma chérie. Ce qui limite les occasions, notamment les week-ends.

Pourquoi j'ai repris ? Parce que je suis con.

Mais encore ? Parce que je trouvais ma vie très insatisfaisante, que j'éprouvais sans doute un besoin inconscient de me mettre en danger. Parce que mes meilleurs potes fument. Parce que les hygiénistes de tout poil sont souvent trop sérieux, que les bad boys sont plus amusants, plus sensibles, plus écartelés (peut-on être un bad boy sans fumer ? Oui, bien sûr. Alors, tu dis n'importe quoi ? Oui, sans doute). Et un p'tit pétard, de temps en temps, quand même...

Et puis parce que fumer, c'est toujours vachement bon pour n'importe quel ancien fumeur qui se repecte.

Sans compter que fumer à nouveau, c'est une occasion supplémentaire qui me sera donnée d'arrêter.


PS : Noon, c'est toi qui a raison, je t'encourage à perséverer.