Je vous avais parlé il y a quelques mois de ma collaboration au journal Netizen. J'y avais écris un article sur les blogs tenus par des malades. Cela avait eu un double effet positif : une remise au travail peinarde et sans (grandes) contraintes ; et une façon d'aborder la maladie à travers celle des autres. Et non plus la mienne. Une façon fort efficace de faire le deuil de mes souffrances passées.

De là à accepter de travailler pour rien, il est un pas que je n'étais pas nécessairement résolu à franchir. Il semblerait pourtant que ma sueur, mes larmes et mon clavier en soient pour leurs frais puisque tel est le bon vouloir de Christophe Ginisty, patron de Pointblog (qui produit le magazine en question), qui prétexte un problème de trésorerie non réglé avec son éditeur pour s'exonérer de ses devoirs d'employeur.

Tout cela serait sans conséquences (une banale histoire d'impayés) si Cyril Fiévet, le rédacteur en chef dudit canard n'avait pas lui même porté haut la fronde en court-circuitant l'accès au site Pointblog. Si vous cliquez aujourd'hui sur la page d'accueil du site, vous êtes redirigé sur une page du blog de Cyril qui y lance l'avertissement suivant autant que bruyant : Veuillez nous excuser pour cette interruption. Ce site sera de nouveau accessible lorsque tous les collaborateurs de pointblog.com et du magazine Netizen auront été payés pour leur travail passé. Méthode pour le moins expéditive, mais qui ne manque pas de panache. Et provoque un beau bordel de nature à (peut-être) réveiller quelques consciences endormies.

Christophe Ginisty, évidemment, ça l'énerve, et il répond par voie de blog que tout ça, c'est très méchant, et que ouais il n'a pas payé les pigistes, mais que d'abord, c'est pas de sa faute, et que s'il avait pu, il l'aurait fait, mais que vraiment, là, la mort dans l'âme, il peut pas. Du foutage de gueule en bonnet difforme. D'autant plus que C. Ginisty est, en plus de ses activités à Pointblog, patron d'une très grosse boîte de communication, et que ce ne sont pas quelques piges payées qui vont le mettre sur la paille. Mais, ça n'a pas l'air de le gêner, le mec.

Un peu outré, j'y vais de mon commentaire (plutôt sobre et laconique) sur son blog, et poursuis la discussion par e-mail en exprimant ma pensée de façon plus développée, et moins urbaine, je l'admets volontiers. Le Christophe me répond dans l'heure un prêchi-prêcha totalement hallucinant où il est question de juger les choses en homme libre, d'organisation interne de sa boîte (comment lui dire que je m'en tape), d'illusion sociale bien répandue comme quoi les patrons seraient tous des salauds de capitalistes, menteurs et mauvais payeurs. Un vrai délire victimiste.

Contrit d'avoir blessé le monsieur dans son orgueil de patron humaniste, je lui réplique toutefois que je ne cherche pas à généraliser ma position sur les employeurs, que ma vindicte ne cible que lui, Christophe Ginisty. Qu'il est sûrement très gentil, mais que voilà, je voudrais mon blé. J'ajoute que je me fiche de sa cuisine interne, que j'ai juste bossé pour lui, qu'un contrat nous a lié et que j'entends qu'il soit honoré. Je conclus mon mail de quelques piques un tantinet moralisatrices sur les vertus du savoir-vivre et du savoir-entreprendre.

Croyez-le ou non, le gars me répond :

bip bip AUTO-CENSURE bip bip