lundi 10 juillet 2006
Zizou, mon héros
Par Ari, lundi 10 juillet 2006 à 11:58 | Mes irritations
A l'heure où le vain peuple a déjà commencé de retourner sa veste, à cette même heure où le héros hier porté aux nues se prépare une mauvaise retraite, il convient de rétablir un tant soi peu d'équilibre et d'aprécier la situation à l'aune du simple bon sens et de la plus saine mauvaise foi.
La Coupe du Monde s'est jouée sur deux coup de boule de Zidane.
Le premier en fin de première prolongation, frappé à pleine puissance mais relativement mal ajusté. Un petit peu plus à droite ou un poil plus à gauche, et le géant Buffon pouvait aller se rhabiller. C'est mal, Zizou.
Le deuxième, quelques minutes plus tard alors que la France domptait avec allant onze Italiens éreintés. C'est le moment que choisit Zizou pour mettre à nouveau la tête sur l'autre grande gigue de la Nazionale. Un certain Materazzi, pour le moins degingandé, dont le regard torve et la mine pas tibulaire n'auront échappé à personne (voyez également là un florilège de ses plus hauts faits d'armes). On laissera les moralistes de tout poil s'en donner ce matin à coeur joie, et on posera la seule question qui vaille : il lui a dit quoi la grande gigue à notre démiurge national ? J'ose les hypothèses les plus convenues : "Fils de pute", "Ben Laden", "Sale arabe", "Suceur de bites même pas circoncises !".
Je sais pas vous, mais moi, après cent dix minutes d'effort (enfin, c'est purement conceptuel, ça fait au moins dix ans que j'ai abandonné toute pratique sportive, et encore, jamais plus de trente minutes) intense, de neurones encombrés par la sueur et la débauche d'énergie, de folle pression charriée par tout un peuple rompu à la grisaille et à la chiraquie, oui moi, si on insultait ma mère ou mes origines, ce n'est pas un coup de boule que j'infligerais à ce gredin désarticulé, mais une prise de karaté cantonesque tout droit dirigée vers les parties intimes du bonhomme.
Injustice ou non, carton rouge ou pas, arbitrage humain ou vidéo, victoire ou défaite, faut pas toucher à nos mères !
PS : un joli texte de Guy Birenbaum sur le même sujet.