mardi 26 septembre 2006
Et c'est le temps qui court...
Par Ari, mardi 26 septembre 2006 à 13:03 | Mon nombril
Il y a quelques jours, j'étais sur le point de pondre un billet pour expliquer une équation bizarroïde qui venait de me botter l'arrière-train non sans une certaine prévenance et pénétrer mon cerveau en lui procurant une satisfaction intense : je découvrai alors avec délices que plus je faisais de choses, plus je trouvais le temps de faire d'autres choses.
Travailler, profiter de ma fille, de ma compagne, voir mes amis, lire, bloguer, participer à des cocktails littéraires avec des écrivains médiocres, mettre le feu sur la mailing-list de la section pour expliquer que DSK est quand même vachement mieux que Ségolène, partir en week-end : dans une espèce de miracle chaque jour renouvelé (enfin, chaque jour pendant... onze jours), j'arrivais à cumuler sans l'ombre d'une difficulté. Mieux, j'aimais ça et je trouvais que ma nouvelle vie avait bien des attraits. L'action appelait l'action, point n'était nécessaire de douter.
Je préparais un début d'essai sur le temps qui s'étire, sur ces 1440 minutes quotidiennes qui n'ont pas la même valeur selon qu'on les utilise à s'affairer ou à copieusement s'ennuyer. J'étais comme une balle, bondissante entre les différents recoins de ma vie, et...
Et... je me suis assez rapidement épuisé.
J'avais oublié que je suis né fainéant et que l'hyperactivité m'use en grosso modo onze jours. L'idée que chaque minute doit être utilisée à quelque chose de constructif nécessitant une appétence particulière et une énergie associée est proprement insoutenable. J'ai absolument besoin de ne rien foutre au moins une ou deux heures par jour : paresser devant un écran, lire Libé et L'Equipe, faire une sieste rapide, réfléchir dans mon bain, penser à panser quelques ecchymoses existentielles, faire un tas de trucs absolument inutiles et indispensables (à titre d'exemple, je me suis récemment mis à jouer au solitaire sur mon téléphone portable, c'est pas loin d'être le nirvana).
Et mon équation de se transformer : plus je fais des choses, plus j'ai envie de faire d'autres choses mais surtout de me reposer !