Egoblog

jeudi 19 octobre 2006

Rajeuni dans Libé

C'est la troisième fois en dix ans que je suis cité dans Libé.

La première, c'était en 1997 : j'avais été interviewé sur la question du "cul sur Internet". C'était marrant.

La deuxième, deux ans plus tard : j'étais ponctuellement intervenu sur la réalisation de feu le supplément Sciences.

La troisième, c'est ce matin : j'affiche deux années de moins au compteur (je me demandais pourquoi le journaliste m'avait demandé mon âge. La réponse : juste pour le plaisir de pondre une coquille), et mes propos sont repris dans le centième de leur intégralité. L'article, un compte-rendu ambiance sans grande originalité, n'en est pas moins assez équilibré et fidèle à ce que j'ai retenu de la soirée.

Vu l'état de Libération, je subodore qu'il n'y aura jamais de quatrième.

mercredi 18 octobre 2006

La machine à gagner

Une "camarade segoliste" m'a dit sans trembler que DSK avait été ce soir transparent, maladroit et peu inspiré.

Je lui laisse le monopole de la mauvaise foi, et je constate deux choses :

1. Contrairement à ce que certains redoutaient, ces débats internes sont une formidable opportunité pour la gauche en général, le PS en particulier. Vous avez déjà vu une caisse de résonance pareille pour les idées de gauche ? Un débat de si haute tenue à une heure de grande écoute ? Demain, tout le monde en parlera, dans la presse comme à la machine à café, et retiendra que nous avons trois candidats susceptibles de faire barrage à la droite. Ca s'appelle la machine à gagner.

2. Sur l'appréciation des uns et des autres, je crois qu'ils ont tous été bons. Aussi objectif que je puisse l'être (et j'assume une part de subjectivité), j'ai trouvé DSK plus convaincant, plus brillant, plus rassurant que ses deux collègues, plus fondu du fond que formaté par la forme.

Je rentre de la salle de l'Indépendance (où j'ai maté le débat avec une centaine de militants et presqu'autant de journalistes) enthousiasmé par cette soirée. Au fond de moi (oui, tout au fond), je crois bien que j'aurais aimé que Ségolène trébuche, mais je suis fier d'avoir des candidats qui tiennent la route, et peuvent tous l'emporter.

Demain, ils auront tous les trois pris de cinq à dix points dans les sondages (je prends les paris), et il nous restera in fine à désigner celui qui nous semble être le meilleur pour battre Sarko (ou un autre) en duel et faire gagner la France.

PS : si vous en avez marre que je ponde un billet par dizaine, qui plus est uniquement centré sur un sujet qui vous touche d'assez loin, dites-vous juste que c'est un mauvais moment (six semaines) à passer, et que je saurai prochainement vous parler de ma fille, ma chérie, ma leucémie, mes lectures... et mon nombril.

PS2 : j'ai été interviewé par un jounaliste japonais à qui j'ai répondu en anglais. Un dialogue de haute voltige !

samedi 7 octobre 2006

Le fond, c'est bon : pourquoi je vote DSK

Depuis quelques semaines, j’ai fait mon choix. Non sans avoir hésité entre Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn. Je ne suis ni sourd ni aveugle, et la déferlante Royal ne m’a pas échappée : ce vent d’espérance qui souffle sur son passage, cette aura quasi incandescente qui exhale de sa personne, ces sondages favorables aux allures de plébiscite, moi aussi je les ai remarqués. C’est en outre une femme, et rien que pour le symbole, il était tentant de lui offrir ma voix, une voix parmi d’autres pour un tremplin possible à la fonction suprême. Une femme présidente ! Rendez-vous compte...

Et pourtant... Après une longue réflexion, j’ai décidé de soutenir Dominique Strauss-Kahn. Pas comme la corde soutient le pendu, pas par bravade ou pour défendre une cause perdue. Non ! C’est juste que j’ai la conviction qu’il est notre meilleur candidat à gauche, et notre meilleur candidat pour faire barrage à la droite en général et à Nicolas Sarkozy en particulier.

Je mesure de plus en plus la difficulté qui attend Ségolène Royal si cette dernière se retrouve en situation. La popularité n’est pas tout, et le niveau irrationnel qu’elle tend à atteindre laisse imaginer qu’elle pourrait s’inverser aussi vite qu'elle s'est installée, d'autant qu'elle s’appuie pour l’essentiel sur des valeurs et une forme que rien de factuel ni de réellement tangible ne vient incarner. Je n’ai rien contre Ségolène Royal, et je la soutiendrai sans états d’âme si elle sort gagnante de la primaire. Si je n’ai rien contre Ségolène (ce qui, convenons-en, n’est pas suffisant pour en faire ma tête d’affiche), j’éprouve une réelle sympathie pour DSK, pour son parcours comme pour ses idées, pour ses compétences et sa créativité. Brasseur d’idées exceptionnel (La flamme et la cendre est à mon avis le livre référence, à gauche, de ces dix dernières années), intelligent et responsable, excellent débatteur - ce qui sera utile au moment d’affronter le petit Nicolas -, DSK est aussi un homme affable et souriant, séducteur et bon vivant. Si la vague Ségolène l’a provisoirement éclipsé, seule la mauvaise foi pourrait conduire à prétendre qu’il n’est qu’une mécanique intellectuelle dépourvue de charisme, et corollairement incapable de susciter l’adhésion des Français.

Par delà sa capacité à rassembler la gauche et au-delà (les Bayrouistes et même certains libéraux allergiques à Sarkozy ne me démentiront pas), DSK incarne la gauche moderne, celle du réel, lucide et sans cynisme, démocrate, internationaliste et généreuse. Qui ne prétend pas s’affranchir d’un environnement majoritairement libéral dans une économie mondialisée. Qui appréhende les grands enjeux politiques, économiques et sociaux avec honnêteté et ouverture ; sans repli sur soi ni démagogie. Qui nous renvoie aux plus belles heures de la gouvernance de gauche : les 35 heures, les emplois jeunes, la CMU, la police de proximité. Je n’oublie pas enfin qu’à gauche, il fut le champion du oui, celui d’une Europe plus forte et rassemblée. En résumé, DSK, c’est à la fois une grosse envergure intellectuelle, un réel courage politique et une capacité à faire face avec autorité et audace. Le portrait d’un président.

Restent les sondages ! Les mêmes qui voyaient Balladur triompher. Les mêmes qui voyaient Jospin devancer Chirac au terme d’un deuxième tour (sic) serré. Les mêmes qui plaçaient Raymond Barre, Chaban-Delmas et tant d’autres qui ont échoué à des sommets inégalés de popularité. Et c’est donc au nom de ces sondages qu’on nous explique avec beaucoup de ferveur que c’est pour Royal qu’il faudrait tous voter. Au point que nous sommes de plus en plus nombreux à nous poser la question de la nécessité d’une primaire à gauche quand il suffirait d'appeler n'importe quel institut de sondage pour désigner le candidat.

Je ne dis pas qu'il faut faire comme si les sondages et l'opinion n'existaient pas. Je ne suis pas faussement candide sur le sujet, et si DSK montait à son tour dans les sondages, je ne bouderais pas mon plaisir. Mais quand on connaît la marge d'erreur inhérente à ce type de consultations, quand on sait surtout combien l'opinion est versatile, il me parait aberrant de lier son vote à la seule position des uns et des autres dans les enquêtes d'opinion. Que ces primaires soient donc libres et équilibrées ! Qu’elles nous permettent de voter selon nos convictions profondes dans le respect des uns et des autres. En faisant la balance entre les deux seules questions qui vaillent : qui peut gagner à gauche ? Qui fera le meilleur président ?

Pour conclure, je me permettrais de reprendre les mots de Bertrand Delanoë lui-même : "gagner en 2007, c'est bien. Mais pour quoi, pour quel projet ?". Il est là pour moi l’enjeu principal de la primaire. Et si je vote DSK, c’est bien parce que j’ai l’intime conviction qu’il est le mieux placé, non seulement pour faire gagner la gauche, mais aussi pour faire gagner la France. En 2007 et au delà.


Explication : puisque je n'ai pas le temps de tenir mon blog à jour depuis quelque temps, pourquoi ne pas copier/coller un article que je viens d'écrire dans Le temps des cerises, la feuille de chou de ma section ? Il fait suite à une bonne trentaine de e-mails enflammés balancés sur la liste de diffusion de cette même section. Les élections présidentielles, j'adore. L'odeur du sang, des combats politiques, c'est mon truc. Et Ségolène me fait peur !

LN me dit que je défends une cause perdue. Moi je dis que les seules causes perdues sont celles qu'on ne défend pas.

Et puis j'ai retourné cinq personnes dans la section en trois semaines (bon ok, cinq sur mille).

Anecdote : un de mes "camarades" (c'est comme ça qu'on dit) m'a récemment entrepris sur le mode la confidence.

- Ari, j'ai lu tes mails, entendu ton intervention en AG, c'est assez convaincant. Moi aussi, j'aime bien DSK mais je ne pourrais vraiment pas voter pour lui.
- Ah bon, pourquoi ?
- Parce que c'est un partouzeur, il saute sur tout ce qui bouge...
(Là, j'aurais du dire un truc comme "Et alors ?" mais un bon vieux relent d'éducation judéo-chrétienne m'a submergé...)
- (interloqué) Non ?
- Si, j'te jure !
- Et Anne Sinclair, pourquoi elle reste avec lui, alors ?
- Ben elle aussi, elle saute sur tout ce qui bouge !

Grandeur et agréments du militantisme...

mardi 3 octobre 2006

Staying Alive

Je suis vivant, en bonne santé, n'ai pas de coup de pompe bloguesque ou d'états d'âme qui m'affligent. Si vous saviez : j'ai même une espèce de billet dormant qui recense tous les sujets de billet que je pourrais écrire... si j'avais le temps.

Le boulot, la famille, la vie sociale, la campagne interne du PS (DSK, c'est mon choix) : les journées sont longues, les nuits plus courtes et mon désir d'avenir (pouah !) ressemble à s'y méprendre à une semaine de farniente sur une plage abandonnée.

A (très ?) bientôt.