Egoblog

mercredi 24 janvier 2007

Plus d'un million de choses que je ne saurai jamais sur eux

J'ai bossé comme un chien depuis trois semaines pour documenter les spécifications fonctionnelles du site Web qui sera lancé dans quatre mois sur Yahoo!, dans cinq pays. Les specs fonctionnelles, je commence à connaître, mais c'est à chaque fois le même cauchemar : quand tu cliques là, tu vas où ? Et si tu es fançais, mais que tu n'as le droit de mater cette vidéo allemande, il se passe quoi ? Comment communiquerons-nous ce changement majeur à nos utilisateurs ? Comment éviter les spams dans les blogs ? Quels sont les modules qui doivent êtes absolument "above the fold" ? La logique fonctionnelle de ces mêmes modules est-elle "user friendly" ? Le fil XML du partenaire renseigne-t-il les champs adéquats ? Quelques questions parmi plusieurs centaines à laquelle il importait de donner une réponse, et si possible une réponse précise. Très précise.

Des trucs qui vous font mal dormir, vous réveillent de mauvaise humeur, et finissent par vous faire dire à votre bienaimé chef : "Ton document, tu l'auras bien le 22, mais après, je pars en vacances pendant six mois". Votre boss invariablement de sourire (mais peut-être n'était-ce qu'un rictus) avec ce qu'il faut de compassion, et de préciser, dans un rictus (sûr, ce n'était pas un sourire !), que les six mois de vacances, je pouvais me les mettre où je pense.

Bon, je l'ai rendu ce putain de document. Cent pages d'explications logiques, d'annexes amphigouriques, de schémas analytiques, de projections de trafic. Un truc de dingue. Et pour me récompenser de cet effort surhumain, je m'étais promis une soirée à ne rien faire, à mater un film débile en cas de neurone indisponible, à lire un bon bouquin en cas d'état de grâce. Aucun film, je n'ai regardé; aucun livre, je n'ai lu.

J'ai passé ma soirée à lire des blogs : d'abord des blogs amis que je négligeais depuis quelque temps. Puis des blogs d'inconnus, en me baladant de blogrolls en blogrolls. J'ai redécouvert Le Monolecte que j'avais oublié que j'aimais, puis fait la connaissance d'un Chieur qui ne m'a pas du tout fait chier. Un Chieur avec un grand C : j'y retournerai.

Et, j'en arrive enfin au sujet de mon billet, j'ai été stupéfait devant le nombre de blogueurs ayant répondu à l'injonction (comminatoire mais presque) d'un(e) de leurs pairs de révéler cinq choses que nous ignorions d'eux. De là, il m'est venue l'idée un peu crétine de retrouver la trace du premier d'entre tous, celui ou celle qui avait lancé la chaine pour en faire ce succès assez inoui : plus d'un million deux cent mille blogueurs ont confessé quelques secrets ultimes. 1,2 million multiplé par 5, cela fait six millions d'informations capitales (ou non) qui sortent de la clandestinité. SIX MILLIONS ! Il y aurait là matière à bien des études, et je serais jeune futur doctorant que je choisirais imméditament ce sujet. Que disent les gens sur eux que nous n'étions pas supposés savoir ? Moi, j'ai parlé de mon premier psy, de ma première expérience sexuelle lamentable et de trois autres choses que j'ai déjà oubliées. Et les autres ? Tout y passe, et c'est assez fascinant.

L'inventeur de ce déchainement d'intimité, le démiurge de nos secrets, je l'ai trouvé.

C'est Benoit qui m'avait demandé de m'y coller. Mais en rétropédalant à partir de son blog, je me suis rapidement égaré. Je suis un gars coriace, un tantinet obstiné : quand j'ai décidé d'y arriver, faut pas trop me chauffer. Alors, je suis parti sur la piste d'Agnes, le Monolecte que j'évoquai plus haut. Pardonnez-moi la digression, mais faut-il mettre le lien sur "Agnes" ou sur "d'Agnes". Qui me répondra aura l'heur' de savoir cinq autres choses (ha-llu-ci-nan-tes) sur moi que personne ne sait (pas même moi, pour vous dire). Agnes, donc. C'est Phil qui lui avait refilé le bébé. Sympa Phil. Sauf qu'il a été pris dans les filets de Benoit. Damned ! Retour à la case Benoit. Début de migraine.

Qu'à cela ne tienne, on retourne sur les traces de l'animal, piégé par son pote Joël qui tenait l'info d'un pseudonymé Ecosphère. Ce dernier avait été sollicité par Didier et Fedra. J'avais cliqué sur Didier, et fini par me perdre dans les limbes de la blogosphère. C'est sur Fedra qu'il me fallait compter. Alors Fedra, t'as fait de la gymnastique sportive pendant 10 ans, en sport/étude. P'tin, ça c'est de l'info, cocotte ! M'en tape, parce que tu m'amènes à ton copain Julien (qui a tendance à s'attacher trop vite. Julien, c'est mal !), qui s'est fait surprendre par ce geek de Ronan !

Ronan (Math-Sup, Math Spé ? J'hésite !) avait été la proie de son vieux pote Richard, lui-même la cible du sadisme de Presse-citron. Alors Presse-Citron, lui il déconne pas : il est passé d'Apple à Windows. Comme ça, sans sourciller. Le Bob Morane de l'informatique, un dur, un vrai. Du coup, on en oublierait presque que la menace a débarqué via Sébastien, le gars qui ne respirait que par une narine. On sent le mec qui a morflé. Ah ah.

Et là, grâce à Sébastien, notre quête commence à prendre forme. Sébastien nous vient de Nadir, un franco-algérien qui a appris à nager à 16 ans, et qui vit aujourd'hui aux US. De cinq choses que nous ne savions pas d'eux, on passe à five things we didn't know about them. Le Graal est proche. Car Nadir nous arrive tout droit de Pierre, envoyé par Randall (qui avait des cheveux qui lui poussaient jusqu'aux fesses).... Bon, j'en ai ma claque, j'accélère.

Alors Randall, tu viens d'où ? De Reuben ! Et toi Reuben ? De Donna. Donna, t'adores le foot ? Tu te fous pas un peu de ma gueule, là ?! Dis-moi plutôt qui t'amène ? Ah ouais, cette mijaurée de Kim. Et toi Kim, qu'ambitionnais simplement d'être heureuse dans la vie, as-tu réussi ton pari ?

- Euh, ça va, Ari ? Moi, c'est Kim, j'ai été fiancée trois fois, et je t'emmerde.
- Non, t'inquiète, tu m'emmerdes pas du tout. Et sinon, tu viens d'où ?
- De Lisa...
- Ah ta copine qui est si triste parce qu'elle ne voit son frère qu'une fois par an, à Noël.
- Ah ben tu la connais ?
- Ouais, elle m'a raconté cinq trucs assez persos sur elle. Bon feeling, tous les deux (si ça se trouve le frangin, il n'en a rien à cirer de voir sa grande soeur une seule fois par an, me dis-je in petto. Mais la Kim, je la sentais susceptible, il me fallait la ménager). Mais sinon, elle débarque d'où Lisa ?
- C'est une envoyée de Graywolf, mais tu ne le répètes pas, hein ?
- Non promis. Allez ciao Kim !

Graywolf, puis Dean, puis Marketing Guy, puis Aaron Sheer. Aaron, t'es gentil, mais je suis crevé, là. Ok, Aaron s'est fait avoir par Avinash dont on est comblé d'apprendre qu'il adore jouer au badminton. Salaud ! Avinash, enfant de David, tu nous conduiras à la Vérité.

Car oui David, qui te fais nicknamer Dave pour mieux passer inaperçu, tu es l'avant-dernier, le fils de l'élu.

Ne vous y trompez pas : l'élu, ce n'est pas cet idiot de Neo mais plus prosaïquement Jeff Pulver qui, un soir d'automne un tantinet frisquet, alors qu'il venait de se faire larguer par sa copine et qu'il n'y avait rien dans le frigo ni à la télé, a transformé son désoeuvrement en création géniale et/ou supercherie lumineuse.

Jeff, je t'ai trouvé, j'ai mis le temps qu'il fallait. Et je peux te le dire, les yeux dans les yeux, maintenant que tu fais un peu moins le malin. Plus d'un million de moutons (moi compris) t'avons suivi sur les sentiers escarpés de l'intimité virale autant que superficielle. Plus d'un million !

Non Jeff, t'es plus tout seul.

lundi 22 janvier 2007

La république de mon cul

"C'est ce que j'appelle la République du respect", "L'Europe par la preuve", "J'ai appliqué mon autorité juste" (variante de "J'ai rétabli un ordre juste"), "Je crois à l'intelligence collective", "La vérité de la parole", "Je veux remettre les Français au coeur du projet socialiste", "Je suis dans une phase d'écoute", "Débats participatifs", "Je porte l'énergie des Français", "Les citoyens experts"...

P'tin, j'ai envie de la buter.

lundi 15 janvier 2007

Les bons mots de Romane

Du haut de ses 2 ans, Romane parle de mieux en mieux. Ses progrès sont sidérants, et je ne dis pas ça parce que c'est ma fille. Non, c'est (même) écrit dans les bouquins sur les bébés à l'attention des parents inquiets : entre 21 et 24 mois, un enfant intègre (et parfois même recrache) plusieurs nouveaux mots chaque jour.

Ma fille connait une flopée d'animaux (même les cacatoes), un nombre impressionnant de fleurs, distingue toutes les couleurs, sait compter jusqu'à onze. Et sort d'improbables réparties qui nous font rire et nous émeuvent à chaque fois.

La dernière en date : Romane refuse de bouffer sur sa chaise haute depuis quelques semaines. N'ayant pas pris le temps ni le soin d'acheter un rehausseur, nous lui faisons donc poser ses fesses sur un bon gros dictionnaire français-anglais, lui-même affalé sur nos chaises standarts. Hier soir, LN a cherché un mot dans le dico, et Romane interloquée, nous a regardé et a lancé sans la ramener (avec cet air de pas trop s'impliquer, mais de dire quand même les choses avec la bonne distance, la délicieuse ironie) : "un dictionnaire, c'est pour s'asseoir..."

Genre : "Maman, t'es branque, t'as vraiment rien compris".

Hélène de répondre sans démonter : "J'apprécie tes explications, chérie. Merci."

Et la gamine de conclure : "Oui, c'est gentil".

jeudi 11 janvier 2007

Cinq choses que vous allez savoir sur moi

Avant, je trouvais ça con les jeux de blogueurs. Maintenant, je trouve ça toujours con, mais j'y réponds.

Et comme Benoit menace de vomir dans ma salle de bains lors de sa prochaine cuite parisienne, j'y réponds avec encore plus d'allant.

Manière aussi de confirmer à Benoit que je lis son blog avec une régularité d'horloger (au fond, ça sert à aussi à ça les jeux-à-la-con-qui-tournent).

1. Ma première séance chez le psy ? A l'âge de 4 ans.
Je me cognais la tête contre les murs et me coinçais le zizi dans la braguette. Aujourd'hui, quand j'ai envie de me faire du mal, je regarde Public Sénat pendant trois heures d'affilée. Moins violent.

2. Vers mes 17 ans, je me suis tapé un trip mystique. J'ai même mangé casher pendant quelques mois. Ma mère a arrêté de foutre des lardons dans la salade et du jambon dans les omelettes. Mon père bouffait du jambon cru en cachette. Au bout de quelques mois, j'ai craqué : le sausisson sec, c'est une tuerie. Et de toutes façons, Dieu n'existe pas.

3. Longtemps, j'ai posé des questions idiotes à mes contemporains (ainsi qu'à moi-même quand mes contemporains se lassaient) : "si un de tes parents doit mourir, tu préfères que ce soit ton père ou ta mère ?", "Tu préférerais vivre sans bras ou sans jambes ?", "Tu préfererais être pendu ou électrocuté ?"... etc. J'ai très peur de la souffrance physique, je suis obsédé par la mort. Si, je vous jure.

4. Quand je tiens vraiment à ce que quelque chose arrive (une femme dans ma vie, un ami qui guérit, un projet qui réussit...), je suis capable de me lancer des paris aussi idiots que les interrogations de ma révélation précédente : du genre, si j'arrive à jongler 20 fois de suite avec cette balle en mousse, c'est sûr que je serai marié avant 30 ans et que j'aurai un gamin dans les cinq ans qui suivent. Gamin, moi-même, je suis.

5. Ma première expérience sexuelle ? Avec une copine lesbienne.
Elle aimait ma corps gracile et mon torse résolument imberbe. Je ne savais pas quoi faire, elle a tout géré. L'expérience fut proprement lamentable.

lundi 1 janvier 2007

2007, blog encore vivant

Mais comme d'hab, je ne m'imposerai aucune contrainte de périodicité. Rien de plus ennuyeux que les blogueurs (sauf Cuné, mais Cuné est graphodingomane) qui s'astreignent à une publication quotidienne. A force, on sent son petit devoir du jour assorti au mieux d'un manque de spontanéité, au pire d'un manque d'envie.

Bon, c'est facile d'écrire ça quand on pond une note quinzomadaire.
Dans les bonnes quinzaines.
Mais de la même manière que je n'ai pas envie de fermer ces carnets, je n'ai pas plus l'intention de devenir un parangon de régularité.
C'est casse-couilles, la régularité.

Pour 2007, pas de résolutions en ce qui me concerne, juste quelques envies énoncées en vrac :

- Arriver à être bon dans mon taf sans stresser ni bosser plus de 40 heures par semaine (dur, mais jouable)
- Sortir "mes cassettes d'hôpital" du faux-plafond où je les ai barricadées. Elles sont la mémoire vive de ma maladie, et je m'étais promis de les coucher un jour sur clavier. Je crois que je ne suis pas loin de me sentir prêt.
- Faire l'amour plus souvent qu'en 2006 (qui fut lui-même un meilleur cru que 2005)
- Redevenir super bon en anglais (je galère grave depuis mon retour à Yahoo!)
- Continuer à être un super papa aimant-drôle-un-peu-chiant
- En lancer un deuxième. Hum... En 2007 ? Si tôt. Alors que Romane commence à peine à être indépendante et dormir jusqu'a 8h30 les jours de week-end ?
- Ouais, en lancer un deuxième.
- Continuer d'arrêter de fumer. J'avais promis à LN que j'arrêterais avant la fin 2006. Je ne suis pas mesquin : j'ai arrêté le 26. A propos de la cigarette, j'ai toujours été très partagé : j'adore fumer, et j'ai envie de mourir dans très, très longtemps. Il faudrait inventer des clopes qui vous font vivre plus longtemps ; et là, comme j'ai un esprit de contradiction hystériquement aiguisé et que défier la vie, c'est quand même moins rigolo que narguer la Faucheuse, je suis certain que ça me passerait l'envie de fumer.

Au passage, et très vite, je vous la souhaite bonne et surtout longue de 365 jours.

Cela sera toujours ça de gagné.