Egoblog

dimanche 26 novembre 2006

Back to the past

Les trois derniers mois ont défilé à une vitesse insensée, entre nuits trop courtes et journées trop remplies, émotions contradictoires et engouements démesurés. Un truc de dépressif qui se met à vivre intensément ; jusqu'à la prochaine et indispensable pause.

Mes vie de couple, de père, sociale, professionnelle et militante se sont affrontées pied à pied pour rester dans le peloton. Ne pas se laisser décrocher. J'ai la faiblesse de penser qu'aucune n'a trop morflé, que la seule conséquence de cette débauche d'énergies se lit sur mon visage creusé, mi-hagard, mi-amaigri.

Ma vie professionnelle, notamment, a pris un virage surprenant : trois mois ou presque passés dans ma nouvelle boîte pour finir par démissionner (encore en période d'essai) la semaine dernière. La boîte était sympa (agence Web éditoriale), le défi intéressant (restructurer/repositionner une entreprise qui marchotait), mon patron charmant mais mon intégration, un échec cuisant. Une nana, en interne, qui briguait mon poste - qui était du reste assez légitime pour le briguer - s'est offusquée de ce que j'arrivais, et m'a pourri la vie avec à peu près autant d'opiniâtreté que de talent. Sans oublier de me savonner la planche auprès de ses équipes ; qu'elle a recrutées, formées... formatées, même. Une belle bande de chefs de projet efficaces mais 100% hostiles : compétents mais désagréables, ingénieux mais mal lunés, bosseurs mais systématiquement négatifs. Leur hostilité, d'abord sourde, s'est ensuite exprimée de façon éclatante : manifestations ostentatoires de défiance, agressivité systématique, enfermement dans leur tour d'ivoire... etc. C'est assez surprenant d'être un paria quand on est un gars plutôt sociable qui n'a jamais eu à subir le dixième de cette animosité. J'ai à peu près tout essayé : la compréhension, la discussion, le profil (très) bas, la colère, la mise en avant de mes résultats. Pas exceptionnels, mais plus que corrects compte tenu de ma jeune expérience et du contexte délétère dans lequel j'évoluais.

Face à ce début d'acharnement, j'étais assez affecté mais décidé à tenir tête en attendant des jours meilleurs. La résistance s'annonçait d'ailleurs simplifiée par le départ (licenciement négocié) de la demoiselle ci-dessus évoquée. Et puis, la proposition de Yahoo! est arrivée. Comme un phare dans la nuit, comme un mirage dans le désert, comme une métaphore pourrie dans un billet d'automne : un poste canon, un salaire jamais vu (à mon niveau s'entend), une ambiance décontractée (sus aux costumes et aux chaussures noires cirées, à bas le rasage quotidien) et la possibilité de bosser avec des gens que je connais et que j'apprécie.

Je me suis décidé en deux jours : enfin, je me suis décidé en deux secondes, mais feint de peser le pour et le contre pendant 47 heures, 59 minutes et 3598 secondes.

samedi 25 novembre 2006

Facheuse conséquence

J'ai démissionné de mon boulot. Quelques heures plus tard, Philippe Noiret passait l'arme à gauche.

Je ne pensais pas que cela lui ferait autant de peine.

lundi 4 septembre 2006

C'est parti !

Je ne sais pas par où commencer.

Si, je suis crevé. Harassé, épuisé, vidé. P'tin, c'est vachement long une journée de travail. Surtout après une nuit aussi courte, à révasser entre deux insomnies érigées sur le socle d'une angoisse envahissante. Avec comme corollaire une propension (habituelle chez moi) à fréquenter les toilettes à intervalles très réguliers. Je purge ainsi à chaque fois que je suis stressé !

C'est que j'ai toujours anticipé les rentrées (et plus généralement les situations nouvelles) avec beaucoup d'appréhension. La nouveauté m'intimide quand elle ne me terrorise pas. J'ai peur de déplaire, peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne pas être aimé. J'arrive à m'en accomoder avec le temps. Et ce d'autant mieux que j'ai une capacité d'adaption inversement proportionnelle à la profondeur de cette névrose. Passé le cap des présentations, de la découverte des lieux, de l'exploration de mes responsabilités et des attentes induites, ça y est, je me sens comme un poisson dans l'eau. Je suis maladivement angoissé, mais je brise la glace avec facilité, en douceur, sans... angoisses, pour le coup.

Le pire est toujours dans l'attente et la crainte de la découverte. La découverte, en elle-même, ne me fait pas peur.

Et, pour mon retour à 19h30, la récompense absolue en forme d'un "Pa-pa !" tonitruant balancé à mes oreilles alors que je venais d'ouvrir la porte.

Rhalala, une bien belle journée.


PS : j'ai passé une bonne partie de l'après-midi à monter des meubles IKEA (la boîte dans laquelle je bosse emménageais aujourd'hui dans de nouveaux locaux, et en avais profité pour acheter de nouveaux meubles de bureau). C'était vraiment violent...

dimanche 3 septembre 2006

Je ne veux pas y aller !

Demain, c'est la rentrée.

Nouveau taf après deux ans d'inactivité plus ou moins intense. L'appréhension me tenaille. Je vais voir des tas de gens, assister à des réunions, lire et envoyer des mails (pros, les mails), me lever à 7h30 tous les matins, déjeuner avec des collègues et... bosser cinq jours sur sept. P'tin, y a des gens qui font ça ? Y a vraiment des gens qui font ça ? J'ai fait ça moi un jour ?

Est-ce que je peux avoir un mot de ma maman ?

jeudi 2 mars 2006

Le diable, l'ange, Libé et moi

Hier, en fin d'après-midi, j'avais rendez-vous avec un cadre dirigeant d'un grand groupe audiovisuel français pour un entretien informel susceptible de déboucher sur une proposition d'emploi. Après avoir "googlisé" mon hôte d'un jour, j'avais appris bon nombre de renseignements sur lui, notamment qu'il avait été un temps directeur de cabinet d'un ancien ministre UMP (enfin, on disait RPR à l'époque).

Je ne dirais pas que mon enthousiasme s'est refroidi, ce serait exagére. Je ne suis pas obtus au point d'être incapable de travailler sous les ordres d'un mec de droite. Mes expériences professionnelles m'ont appris qu'il n'est de pires managers que ceux qui sont mal dans leurs pompes, et ont trop de choses à régler avec eux-mêmes. Le manque de confiance en soi, par bonheur, ce n'est ni de gauche, ni de droite, et je me suis donc rendu à cet entretien relativement serein, avec le souci de faire bonne impression, mais sans les angoisses particulières inhérentes à la position de chercheur d'or d'emploi. Ca faisait longtemps que je n'avais pas mis un pantalon de costume et une veste, et j'ai été agréablement surpris de ne pas me faire l'effet d'un pingouin en m'examinant dans la glace avant de partir. Probablement l'absence de cravate que je ne consens à mettre que sous la torture.

J'arrive juste à l'heure à mon rendez-vous, et la secrétaire de Monsieur B. me met à l'aise, m'offre un café et m'annonce que j'en ai pour une bonne demi-heure d'attente rapport à ce que ce dernier a pris du retard qu'il entend bien combler. Une demi-heure, c'est assez long même quand on croise au hasard de leurs déambulations un tas de personnes que l'on voit d'habitude en costard à la télé. Pour l'heure, ils sont habillés comme s'ils devaient aller urgemment procéder à quelques travaux de jardinage, et c'est un spectacle assez amusant à regarder. Passée la curiosité, je regarde l'heure toutes les deux minutes, et commence à sérieusement m'ennuyer. Je me souviens de Libération, rangé dans ma sacoche, mais je me suprends à hésiter. Est-ce bien raisonnable de laisser cette première impression-là lors même que Monsieur B. a manifestement des idées politiques opposées aux miennes. Là, je devrais vous dire que j'en avais rien à cirer, que j'ai pris mon journal et mon courage à deux mains, et que ça faisait même pas mal... Je pourrais l'écrire, mais ça ne serait pas vrai. De très longues minutes, j'ai hésité... J'ai même assisté impuissant au spectacle de l'angelot calculateur et du diablotin tentateur, tous deux bien décidés à me convaincre de leurs discours contradictoires.

L'angelot : "Ari, ce monsieur ne te connait pas. Quel besoin as-tu de lui dire, en guise de tout premier message, que tu es de gauche alors que ton but du jour est de la convaincre de t'embaucher dans son équipe ?"

Le diablotin : "Ari, tu devrais avoir honte. Tu t'ennuies ferme, et la lecture de Libé n'est quand même pas l'incarnation de la subversion. Et puis quoi, as-tu à ce point honte de tes penchants idéologiques ?"

L'angelot : "Sois sérieux une minute. Si encore tu avais sur toi la Une du Figaro à l'intérieur duquel tu pourrais insérer ton Libé en toute quiétude... Concentre-toi donc sur ton entretien au lieu de prendre le risque stupide de tout gâcher."

Le diablotin : "Pfff. Si ton recruteur est à ce point réfractaire à ce type de lectures, s'il te juge là-dessus, j'espère que tu réalises à quel point tu seras malheureux de travailler au quotidien avec quelqu'un d'aussi intolérant."

L'angelot : "Mais non, Ari. Il s'agit-là d'un entretien d'embauche, pas d'une discussion amicale entre vieux potes. Quand tu seras plus à l'aise avec M. B., qu'il te connaitra mieux, il n'y aura aucun problème à ce que tu lui confesses que tu penches à gauche."

Le diablotin : "N'écoute pas l'angelot, il n'a aucune fierté."

L'angelot : "N'écoute pas le diablotin, il n'a jamais travaillé !"

- Monsieur, excusez-moi de vous avoir fait attendre, je suis maintenant prêt à vous recevoir.

Rhalala, Monsieur B., mon ami, mon frère. Mon sauveur. Et un peu ma honte, aussi...

mercredi 25 janvier 2006

En janvier, j'arrête de paresser

Après quinze mois d'inactivité sans réserve, dont treize largement occupés par cette idiote de leucémie, j'ai retravaillé.

Vous avez bien lu. J'ai de nouveau activé mes méninges pour un employeur qui a consenti à m'accorder quelque menue monnaie pour fournir une prestation professionnelle. Je veux dire, réalisé par un professionnel. Un très grand professionnel.

Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai vu passer une opportunité, et paf je l'ai saisie. Au collet, sans forcer. Elle n'a pas résisté. Il faut dire que j'avais le vent dans le dos, que mon employeur n'a même pas cherché à me rencontrer, et a validé ma candidature par e-mail en louant la qualité de mes propositions. Classe.

Bon, je mets un terme à ce suspense insoutenable et dépourvu du moindre intérêt : après un septennat de pause journalistique, j'ai renoué avec mes premières amours, et écrit un article qui me tenait à coeur, à paraitre fin février dans un magazine qui n'existe pas. Pas encore, du moins.

Une trentaine d'heures de travail (dont vingt d'enquête) pour cinq malheureux feuillets. C'est que j'ai pris le sujet très à coeur, et mon clavier à deux mains. Mes doigts et mon cerveau, aussi gourds l'un que l'autre, ont du se réhabituer à une écriture dite objective. Dieu que j'étais rouillé. J'ai néanmoins terminé le papier deux jours avant le délai exigé par le rédac' chef, ce qui, je crois bien, ne m'était jamais arrivé.

C'est la première fois que j'achève un article sans stresser. Cela n'est pas sans m'inquiéter.


PS : l'ANP-euh, toujours en mal de popularité, a exigé que je postule à un poste de formateur commercial payé le tiers de ce que je gagnais du temps où je bossais. Sinon, ils menacent de me radier. Je leur ai torché une jolie lettre pour leur dire que je n'étais pas formateur, que je n'avais jamais occupé un poste à vocation commerciale, et qu'ils pouvait donc se carrer leur proposition dans les fondements de leur imagination débridée.

mardi 27 septembre 2005

La valeur travail

Depuis que je ne bosse plus (un an et demi, maintenant), j'ai réalisé à quel point le travail était un identifiant social fort, pour ne pas dire le premier. A chaque fois que je rencontre une personne pour la première fois, j'ai le droit, au delà des présentations d'usage, à l'inexorable : "Et tu fais quoi dans la vie ?" - avatar du non moins fameux "Ca va ? (Ouais, et toi ?)" entre gens qui se connaissent depuis au moins deux heures.

Alors évidemmment quand on bosse, on répond sans réfléchir, et puis on passe le plus souvent à autre chose tant le travail réalisé ne dit pas grand chose sur la personnalité du travailleur. Quand on ne bosse pas, on répond vaguement gêné qu'on est actuellement sans travail, mais que cela ne saurait durer. On s'invente une ou deux très bonnes raisons pour justifier cette oisiveté coupable, et puis on passe à autre chose tant l'inactivité ne dit pas grand chose sur la personnalité de l'inactif.

J'ai décidé de renverser le procédé. A chaque fois que je rencontre une nouvelle personne, je fonce bille en tête et questionne avec l'accent un peu chantant : "Et sinon, tu veux des enfants ?".

C'est un sujet que je commence à maitriser.

vendredi 23 septembre 2005

Au milieu d'un champ se dresse un beau boulot

J'inaugure avec ce billet la catégorie Mon travail qui, j'en suis convaincu, est promise à un avenir radieux.

Alors voilà, patrons, patronnes, je cherche un nouveau travail à l'horizon 2006. Oui, pas avant 2006, vu que je suis en arrêt de travail jusqu'à la fin de l'année pour (une fois n'est pas coutume) des raisons très valables (cf. ici). Comment peut-on être en arrêt de travail quand précisément on en cherche ? Ne perdez pas trop de temps à expliquer l'inexplicable, il s'agit là d'une subtilité remarquable du droit français ; et je m'en félicite.

Patrons, patronnes, donc. Je suis un profil rare, extrêmement rare.

Si, comme j'ai toutes les raisons de l'imaginer, vous recherchez un profil généraliste spécialisé dans l'éditorial, Internet et la direction de projets, ne respectant aucune forme d'autorité et doté d'une réelle aversion pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à un lien de subordination, alors je suis votre homme. Si en plus vous êtes prêt(e) à casquer 3500 euros nets par mois (ou plus, je ne suis pas contrariant), vous avez une sacrée veine d'être tombé(e) sur ce blog.

Merci d'envoyer votre candidature à l'adresse suivante. Epargnez-moi les lettres de motivation longues comme un jour sans pain ou les CV trafiqués : j'ai l'oeil pour déceler ce type d'anomalies.

Je vous prie d'agréer... vous connaissez la suite.